Sauver des vies par la prévention

Créer un monde où aucun Canadien, aucune Canadienne n’aura à craindre le cancer ne signifie pas seulement prolonger la survie et améliorer la qualité de vie. Cela signifie aussi investir dans la recherche pour mieux prévenir le cancer afin que moins de personnes entendent les mots suivants : « vous avez un cancer ».

En 2019, l’étude ComPARe, financée par notre Subvention de recherche sur la prévention en partenariat avec la SCC, a révélé que quatre cas de cancer sur dix peuvent être prévenus par l’adoption d’un mode de vie sain et de politiques qui protègent la santé des Canadiens. L’étude a également fourni de l’information précieuse sur les principales causes évitables de cancer afin de contribuer à éclairer et à cibler les futures recherches et politiques en matière de prévention.

Voici quelques-unes des façons dont la recherche sur la prévention du cancer subventionnée par la SCC a contribué à sauver des vies :

La recherche subventionnée par la SCC a permis de découvrir un traitement qui aide à réduire le risque de cancer du sein chez les femmes à haut risque.

Le cancer du sein touche une femme sur huit au cours de sa vie; c’est le cancer le plus souvent diagnostiqué chez les femmes canadiennes. Dans une étude publiée en 2011 qui a changé les pratiques, le Groupe canadien des essais sur le cancer, subventionné par la SCC, a montré que l’hormonothérapie à base d’exémestane réduisait de manière significative l’occurrence du cancer du sein invasif chez les femmes ménopausées qui couraient un risque accru de développer la maladie. Les femmes ayant pris de l’exémestane présentaient 65 % moins de risques de contracter un cancer du sein que celles ayant reçu un placebo.

Grâce à cette recherche, les femmes ménopausées disposent désormais de plus d’options pour réduire leur risque de développer un cancer du sein.

L’infection par le virus du papillome humain (VPH) augmente le risque de plus de six cancers différents, dont le cancer du col de l’utérus et les cancers de la tête et du cou. Grâce à la recherche, nous disposons aujourd’hui de vaccins qui protègent contre l’infection par le VPH et préviennent ces cancers, y compris pratiquement tous les cas de cancer du col de l’utérus.

Peu après que les provinces ont commencé à mettre en place des programmes de vaccination anti-VPH destinés aux filles d’âge scolaire, la Dre Aisha Lofters, chercheuse subventionnée par la SCC, et son équipe ont commencé à suivre une cohorte d’élèves en Ontario afin d’étudier les premiers effets du vaccin. Ces chercheurs ont constaté que la vaccination anti-VPH réduisait de plus de 40 % le risque d’excroissances précancéreuses du col de l’utérus, ce qui démontrait clairement les premiers avantages de ce vaccin. Aujourd’hui, nous savons, grâce à l’étude ComPARe, que pratiquement tous les cas de cancer du col de l’utérus peuvent être évités grâce à la vaccination anti-VPH. 

Les travaux des chercheurs Jeffrey Hoch, Ph. D., et Wanrudee Isaranuwatchai, Ph. D., du Canadian Centre for Applied Research in Cancer Control, subventionné par la SCC, ont également démontré la rentabilité de la vaccination anti-VPH chez les garçons pour prévenir les cancers de la tête et du cou, ainsi que d’autres cancers. Ces données ont conduit à l’élargissement des programmes de vaccination anti-VPH, financés par les deniers publics, de manière à inclure tous les enfants, quel que soit leur sexe, afin de prévenir un plus grand nombre de cancers.

La recherche rendue possible par la SCC a permis de progresser dans la réduction des taux de tabagisme, principale cause de cancer au Canada, responsable de trois décès par cancer sur dix. À l’échelle mondiale, on attribue un décès par cancer sur quatre au tabagisme. Geoffrey Fong, Ph. D., et David Hammond, Ph. D., chercheurs subventionnés par la SCC, sont les leaders mondiaux de la recherche sur la lutte contre le tabagisme. Leurs travaux, sur les mises en garde figurant sur les paquets de cigarettes ainsi que sur les politiques efficaces de lutte antitabac, ont ouvert la voie à des politiques plus fermes visant à réduire le tabagisme et à sauver des vies dans le monde entier.

La plupart des gens qui fument du tabac commencent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. C’est pourquoi nous avons investi dans des recherches essentielles pour comprendre le comportement des jeunes en matière de tabagisme et protéger leur santé.

  • L’étude sur la dépendance à la nicotine chez les adolescents (NICO), subventionnée par la SCC, suit des cohortes d’élèves du niveau secondaire depuis 1999 afin de comprendre pourquoi les adolescents commencent à fumer. À partir des données de cette étude, la chercheuse principale, Jennifer O’Loughin, Ph. D., et son équipe ont mis au point une courte enquête que les médecins peuvent utiliser pour repérer les jeunes qui sont susceptibles de commencer à fumer l’année suivante. Cet outil aide les médecins et les familles à intervenir tôt pour prévenir la dépendance avant qu’elle ne s’installe.
  • Steve Manske, D. Ed., et Leia Minaker, Ph. D., chercheurs subventionnés par la SCC, ont constaté que plus de la moitié des jeunes fumeurs canadiens consomment des produits du tabac aromatisés. Les gouvernements fédéral et provinciaux se sont appuyés sur ces conclusions dans leur décision d’interdire et de restreindre la vente de produits du tabac aromatisés, protégeant ainsi la santé des jeunes dans tout le pays.
  • Plus une personne arrête de fumer tôt, plus les bénéfices pour la santé seront importants. La plupart des programmes d’abandon du tabac s’adressent toutefois aux adultes plus âgés. Avec le soutien de la SCC, Bruce Baskerville, Ph.D. et Rebecca Haines-Saah, Ph. D., ont créé des programmes spécialement conçus pour aider les jeunes fumeurs à arrêter de fumer. Ces programmes utilisent les médias sociaux et les applications pour entrer directement en contact avec les jeunes, ce qui améliore les chances de réussite.

La recherche subventionnée par la SCC fait la lumière sur les moyens de réduire le fardeau du cancer de l’ovaire, qui est à la fois difficile à détecter et à traiter.

Malgré son nom, le cancer de l’ovaire commence le plus souvent dans la trompe de Fallope qui relie l’ovaire à l’utérus. Gillian Hanley, Ph.D. et le DDavid Huntsman ont constaté que l’ablation des trompes de Fallope, qui réduit le risque de cancer de l’ovaire, était sûre et n’entraînait pas plus de complications que les opérations gynécologiques classiques. Ce changement de pratique chirurgicale a été approuvé par la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada et par des organismes similaires dans le monde entier. Il pourrait permettre à d’innombrables personnes de ne pas subir un diagnostic de cancer de l’ovaire.

La chercheuse Joanne Kotsopoulos, Ph. D., et son équipe ont étudié les femmes présentant des mutations dans le gène BRCA, ce qui les expose à un risque plus élevé de contracter un cancer de l’ovaire. Les chercheurs ont relevé un certain nombre de facteurs différents, tels que l’allaitement et l’utilisation de contraceptifs oraux, qui pourraient contribuer à réduire le risque de cancer chez ces femmes. Ils ont ainsi fourni de précieux renseignements pour aider les gens à gérer leur santé.