Mieux vivre pendant et après un cancer

En plus d’aider les personnes atteintes de cancer à survivre, nous voulons les aider à s’épanouir. Les fonds que nous consacrons à la recherche ont permis d’améliorer la qualité de vie des personnes touchées par le cancer afin qu’elles puissent vivre plus pleinement.

Grâce aux progrès de la recherche, nous réalisons des percées en détectant les cancers rapidement et en les traitant avec une plus grande efficacité. Un nombre croissant de Canadiens vivent avec un cancer et y survivent. Mais survivre ne suffit pas. Nous avons pour objectif d’aider les gens à s’épanouir.

Selon un rapport1 publié en 2018, huit Canadiens atteints de cancer sur dix ont connu des difficultés physiques lorsque leur traitement a pris fin tandis que sept sur dix ont vécu des difficultés émotionnelles, comme la dépression et la crainte que leur cancer réapparaisse.

Voilà pourquoi en plus de soutenir la recherche visant à permettre aux gens de vivre plus longtemps, nous investissons dans des projets qui ont pour objectif de les aider à vivre plus pleinement. Parce que nous savons que la vie est plus grande que le cancer. Et grâce au soutien de nos donateurs, les chercheurs subventionnés par la Société canadienne du cancer améliorent la qualité de vie des Canadiens touchés par le cancer, pendant et après la maladie.

Obtenez plus de renseignements sur ces importants travaux.

De nombreux jeunes aux prises avec le cancer se demandent souvent quelles seront les répercussions de cette maladie sur leur capacité d’avoir des enfants plus tard dans la vie. Certains cancers ou leurs traitements affectent le système de reproduction, ce qui peut entraîner des problèmes de fertilité à plus long terme. Cela signifie que les personnes atteintes doivent souvent décider des mesures qu’elles veulent prendre, le cas échéant, pour préserver leur fertilité peu après avoir reçu un diagnostic de cancer, et ce, avant de commencer leur traitement. Pour aider les jeunes personnes atteintes de cancer du sein à choisir la solution qui leur convient le mieux pour préserver leur fertilité, la Dre Nancy Baxter, chercheuse subventionnée par la SCC, et son équipe ont conçu l’outil d’aide à la décision AVANT le traitement, le premier du genre au Canada. Cet outil a été élaboré en consultation avec des femmes atteintes de cancer, des fournisseurs de soins de santé et des groupes de défense des intérêts. Les jeunes personnes aux prises avec le cancer du sein partout dans le monde peuvent maintenant utiliser cet outil pour les aider à prendre des décisions éclairées sur leur fertilité et l’avenir.

Après un traitement du cancer de la prostate, la dysfonction sexuelle est un des plus grands défis auxquels font face les hommes atteints de cette maladie et leurs partenaires. Bien qu’il y ait des médicaments et des accessoires à la disposition des hommes pour les aider à récupérer leur fonction sexuelle, la majorité des survivants cessent de les utiliser. Grâce au soutien de la SCC, le chercheur Andrew Matthew, Ph. D., et son équipe ont démontré la faisabilité et l’efficacité d’une nouvelle intervention destinée aux survivants du cancer de la prostate, laquelle allie des stratégies médicales, psychologiques et sociales afin d’améliorer la santé sexuelle. Cette approche intégrée consiste notamment à enseigner aux hommes comment utiliser les médicaments et les accessoires, à les aider ainsi que leurs partenaires à gérer leurs attentes, et à leur offrir des consultations afin qu’ils parviennent à communiquer plus ouvertement et qu’une plus grande intimité s’établisse entre eux. Fort du succès de cette initiative, Andrew Matthew a conçu un programme pancanadien de santé sexuelle, en ligne, qui s’adresse aux personnes souffrant du cancer de la prostate; le chercheur s’appuie aussi sur son expertise pour créer un programme de réadaptation qui répond aux besoins en matière de santé sexuelle des personnes touchées par d’autres types de cancers.

Vivre avec les effets à long terme d’un cancer peut être stressant pour les survivants. Pour les aider à gérer leur stress et leur santé mentale, Linda Carlson, Ph. D., chercheuse subventionnée par la SCC, et son équipe ont mis au point une approche qui mise sur la pleine conscience pour se rétablir du cancer; il s’agit d’une forme de thérapie de groupe qui comprend des exercices de méditation et de yoga douceur. Dans le cadre d’un essai clinique unique en son genre comparant cette nouvelle approche à la thérapie traditionnelle misant sur un groupe de soutien, les chercheurs ont constaté que la nouvelle approche fondée sur la pleine conscience était plus efficace pour améliorer l’humeur, les symptômes de stress et la qualité de vie des survivantes du cancer du sein. La plupart de ces bienfaits se sont maintenus un an plus tard, démontrant le potentiel de cette nouvelle thérapie pour améliorer le bien-être mental à long terme des survivantes du cancer du sein.

Grâce à de meilleurs traitements, quatre enfants sur cinq atteints d’un cancer aujourd’hui survivront plus de cinq ans après leur diagnostic. Si les effets secondaires physiques à long terme des traitements anticancéreux sont bien connus, on comprend moins les répercussions d’un diagnostic de cancer sur la santé mentale des enfants qui ont survécu à un cancer et de leur famille. Le Dr Sumit Gupta, chercheur subventionné par la SCC, et son équipe ont montré que les survivants consultaient plus souvent un médecin pour un problème de santé mentale, ce qui indique qu’ils sont plus enclins à développer des problèmes de santé mentale. La dépression et l’anxiété sont les problèmes avec lesquels doivent composer le plus souvent les survivants d’un cancer infantile. Les chercheurs ont également constaté que les mères d’enfants atteints de cancer, ainsi que leurs frères et sœurs, présentent un taux plus élevé de consultations liées à la santé mentale, même des décennies après le diagnostic initial. Ces résultats soulignent la nécessité de disposer de davantage de ressources pour répondre aux besoins à long terme en matière de santé mentale des enfants ayant survécu à un cancer, et de leur famille, afin qu’ils puissent vivre plus pleinement.

Lorsqu’un cancer qui a pris naissance dans une autre partie du corps se propage aux os, il provoque des métastases osseuses douloureuses. Les types de cancers qui se propagent le plus souvent aux os sont le cancer du sein, de la prostate, du poumon, des reins et de la thyroïde.

Grâce à nos donateurs, les chercheurs subventionnés par la SCC ont grandement contribué à améliorer la gestion de la douleur engendrée par les métastases osseuses, rehaussant ainsi la qualité de vie des personnes atteintes de ces cancers évolués.

  • La radiothérapie est couramment utilisée pour traiter les métastases osseuses. Elle peut toutefois déclencher une douleur temporaire et souvent débilitante. Le Groupe canadien des essais sur le cancer (GCEC), subventionné par la SCC, a mené un essai qui a révélé que le corticoïde dexaméthasone réduisait les douleurs provoquées par les radiations sans entraîner d’effets secondaires graves. En se fondant sur ces résultats, les chercheurs estiment que la dexaméthasone devrait être intégrée au traitement standard des métastases osseuses, ce qui pourrait changer la manière dont les personnes atteintes d’un cancer avancé sont prises en charge dans le monde entier.

  • Le DMark Clemons, chercheur subventionné par la SCC, et son équipe ont réalisé la première étude prospective visant à montrer que les personnes atteintes d’un cancer du sein métastatique qui s’était propagé aux os pourraient éprouver moins de douleur si elles passaient à un autre type de médicament de renforcement des os appelé bisphosphonate. Les bisphosphonates aident à ralentir la dégradation des os. Grâce à ces travaux, le nouveau type de bisphosphonate est désormais couramment utilisé dans le traitement des métastases osseuses, ce qui permet aux gens de mieux gérer leur douleur.

  • Les métastases osseuses se situent le plus souvent dans la colonne vertébrale, où ces tumeurs secondaires peuvent entraîner des douleurs, des faiblesses, de la difficulté à marcher et des problèmes intestinaux et vésicaux. Comme ces tumeurs sont souvent incurables, l’objectif du traitement est d’aider les personnes à gérer leur douleur et à vivre aussi pleinement que possible. Un essai clinique qui a changé la pratique, lequel était mené par le GCEC subventionné par la SCC, a montré qu’une nouvelle approche misant sur des doses moins nombreuses, mais plus élevées de radiothérapie de haute précision améliorait grandement la qualité de vie des personnes dont le cancer s’est propagé à la colonne vertébrale. Comparativement aux personnes qui ont subi une radiothérapie conventionnelle, plus de deux fois plus de personnes bénéficiant du nouveau traitement ont constaté une réduction complète de la douleur et n’ont eu aucune douleur pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois. Les personnes qui ont été traitées à l’aide de la nouvelle approche étaient également plus satisfaites de leurs soins et de leur qualité de vie, car elles ne devaient se rendre à l’hôpital que pour recevoir deux traitements au lieu de cinq. Ces résultats vont probablement changer la manière de soigner les personnes atteintes de tumeurs secondaires de la colonne vertébrale dans le monde entier, ce qui leur permettra de vivre plus pleinement.

Axés sur la qualité de vie, les soins palliatifs comprennent la gestion de la douleur et des symptômes ainsi qu’un soutien affectif, psychosocial et spirituel. Les soins palliatifs destinés aux personnes atteintes de cancer ont pour objectif de les aider à mieux vivre, quel que soit le stade de leur maladie. Combinés à des traitements standard, comme la chimiothérapie, la radiothérapie et l’intervention chirurgicale, les soins palliatifs peuvent aider les gens à vivre plus longtemps et à mener des vies plus pleines.

Veiller à ce que les personnes puissent conserver leur dignité et sentir qu’elles sont entendues et respectées en tant qu’individus est un aspect essentiel des soins palliatifs. Le Dr Harvey Max Chochinov, chercheur subventionné par la SCC, et son équipe ont conçu un outil appelé Portrait de la dignité du patient (PDP) pour aider les médecins à établir un lien plus profond avec les gens qu’ils traitent. Afin de permettre aux médecins de mieux comprendre les préoccupations et les priorités des personnes qu’ils soignent, l’outil demande aux gens d’évaluer leur état actuel sur 25 indicateurs différents, tels que leur capacité à effectuer les tâches quotidiennes et à faire preuve de clarté de pensée, ainsi que leur sentiment d’estime de soi. L’outil PDI a été traduit dans près d’une douzaine de langues et est utilisé dans le monde entier pour aider les personnes atteintes de cancer à vivre une vie plus digne et qui a plus de sens.

Si les soins palliatifs peuvent procurer des avantages et du réconfort aux personnes atteintes de cancer, tout le monde n’y a pas recours. La Dre Camilla Zimmerman, chercheuse subventionnée par la SCC, a effectué un travail essentiel pour en comprendre les raisons. Dans une étude, la Dre Zimmerman et son équipe ont découvert que même si les personnes atteintes d’un cancer au stade avancé bénéficiaient grandement des soins palliatifs, elles estimaient que le terme « soins palliatifs » véhiculait une connotation négative associée au désespoir et à la fin de vie. Cette perception pouvait amener les gens à refuser des soins et un soutien susceptibles d’améliorer sensiblement leur qualité de vie.

Dans une autre étude, les mêmes chercheurs ont constaté que les oncologues canadiens dirigent, mais trop tard, les personnes souffrant de cancer vers des services spécialisés de soins palliatifs. Alors que huit médecins sur dix orientent les personnes atteintes d’un cancer en phase terminale vers des soins palliatifs, la plupart d’entre eux ne le font que dans les derniers mois ou les dernières semaines de leur vie, et beaucoup ne le font que dans les derniers jours. Pour expliquer pourquoi ils ne redirigent pas les personnes vers ces services plus tôt, les médecins ont mentionné, outre la disponibilité et les critères d’acceptation des services de soins palliatifs, les préjugés négatifs entourant le terme « soins palliatifs ». En révélant les obstacles aux soins palliatifs, les recherches de la Dre Zimmerman soulignent l’importance de réorienter les conversations sur les soins palliatifs et de mieux éduquer les personnes souffrant d’un cancer, les familles, les fournisseurs de soins de santé et le public afin que davantage de personnes puissent avoir accès à ces services.

Les soins palliatifs englobent également les soins de fin de vie, lesquels apportent un soutien physique, affectif, spirituel et social aux personnes atteintes de cancer et à leur famille. D’importantes recherches menées par le Canadian Centre for Applied Research in Cancer Control (ARCC), subventionné par la SCC, ont permis de poser des jalons pour mesurer la qualité des soins de fin de vie offerts dans chaque province et leur accessibilité pour les personnes qui en ont besoin. Leurs travaux ont également porté sur le rôle que jouent les soins infirmiers à domicile dans l’amélioration de la qualité et de l’accès aux services de fin de vie. Les recherches de l’ARCC définissent des objectifs pour des soins de fin de vie de haute qualité et cernent des stratégies pour les améliorer. Ces travaux guident les décideurs politiques de tout le pays dans la prise de décisions sur les priorités en matière de soins de santé et l’affectation des ressources afin que davantage de personnes puissent recevoir les soins de fin de vie dont elles et leurs proches ont besoin.

Selon un rapport du Partenariat canadien contre le cancer publié en 2018, quatre personnes atteintes de cancer sur dix ont déclaré avoir fait face à des défis pratiques après la fin de leur traitement. Ces défis concernaient souvent des difficultés liées au retour à l’école ou au travail. La réadaptation des personnes atteintes de cancer peut aider à résoudre ces problèmes afin que les survivants puissent recommencer à faire ce qu’ils aiment.

Les survivants des cancers de la tête et du cou doivent souvent composer avec des effets secondaires importants et complexes liés au traitement, et ont besoin d’une importante aide à la réadaptation. Pour répondre à ces besoins, Sara McEwen, Ph. D., chercheuse subventionnée par la SCC, et son équipe ont créé et testé une consultation sur la planification de la réadaptation afin d’améliorer l’accès à ces services. Au cours de cette consultation, les fournisseurs de soins de santé travaillent avec les survivants pour déterminer leurs objectifs de réadaptation et élaborer un plan pour les atteindre. Les chercheurs ont constaté que la consultation sur la planification de la réadaptation a eu de vastes effets positifs en aidant les survivants à atteindre leurs objectifs et à se sentir plus satisfaits. En se fondant sur ces premiers résultats positifs, les chercheurs mènent un essai clinique de phase II pour comparer leur consultation sur la planification de la réadaptation avec les normes de soins actuelles afin de déterminer si elle peut améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de cancers de la tête et du cou.