Soutien pour les proches aidants

La situation

Au fur et à mesure de l’accroissement et du vieillissement de sa population, le Canada doit affronter de nouveaux défis, notamment une augmentation du nombre de cas de cancer. De fait, un Canadien sur deux devrait recevoir un diagnostic de cancer au cours de sa vie, et environ 25 % d’entre eux mourront des suites de la maladie, ce qui fait du cancer la principale cause de décès au pays. Cette réalité ajoute une pression croissante sur les familles, les prestataires de soins de santé, ainsi que l’économie de notre pays. Le cancer coûte déjà plus de 17 milliards de dollars par année aux Canadiens.

Voilà pourquoi il est si important que le Canada adopte des politiques pour soutenir les Canadiens atteints de cancer et les personnes qui doivent prendre du temps pour s’occuper d’eux. Les proches aidants sont la colonne vertébrale de notre système de santé. Selon des données de Statistique Canada, en 2018, près de 7,8 millions de personnes, soit un Canadien sur quatre, ont pris soin d’un membre de leur famille ou d’un ami atteint de problèmes de santé à long terme. 

Comment les proches aidants changent la donne

Lorsque les proches aidants se portent bien, notre système de santé prospère. Notre système, qui est déjà soumis à des pressions, ne pourrait pas fonctionner sans les proches aidants, qui fournissent 70 à 75 % des soins à domicile au Canada. On estime que les proches aidants non rémunérés permettent au système de santé du Canada de réaliser des économies annuelles d’une valeur de plus de 26 milliards de dollars.

Un soutien approprié pour les proches aidants permettrait à notre système de soins de santé de s’orienter davantage vers des services à domicile ou dans la communauté, une approche qui est souvent préférable pour les personnes atteintes et leurs familles, et qui est susceptible de réduire les coûts élevés associés aux soins hospitaliers.

Notre position

La Société canadienne du cancer réclame un meilleur soutien aux proches aidants depuis plus de 15 ans. Au fil des ans, un certain nombre d’initiatives ont été mises en œuvre par le gouvernement fédéral afin de mieux les appuyer. Des progrès importants ont été accomplis, mais il reste des lacunes à combler.

Ainsi, nous demandons au gouvernement fédéral de prendre les mesures suivantes :

  • Éliminer la période d’attente obligatoire d’une semaine avant de recevoir les prestations pour aidants ainsi que la prestation spéciale de l’assurance-emploi pour les parents d’enfants gravement malades.
  • Permettre aux proches aidants de continuer à recevoir la prestation de compassion pendant une période de deuil de deux semaines à la suite du décès de leur proche (actuellement, la prestation de compassion prend fin au moment du décès).
  • Travailler à l’amélioration des critères de flexibilité des trois prestations spéciales de l’assurance-emploi en permettant aux proches aidants de recevoir des prestations pour des semaines partielles.
  • Travailler en collaboration avec les gouvernements des provinces et des territoires afin de s’assurer que les Canadiens profitent d’une protection de l’emploi lorsqu’ils bénéficient d’une prestation de l’assurance-emploi pour proches aidants.
  • La Société canadienne du cancer demande aux gouvernements des provinces et des territoires de prendre les mesures suivantes :
  • Adopter une loi garantissant une protection de l’emploi en cas de congé associé aux trois prestations spéciales de l’assurance-emploi pour proches aidants.

Soutien aux proches aidants au Québec

Outre notre travail auprès du gouvernement fédéral, nous préconisons les changements suivants auprès du gouvernement du Québec.

  1. Augmentation du nombre de semaines de congé de maladie

    La SCC croit que les proches aidants doivent pouvoir recevoir un soutien souple leur permettant de conserver leurs liens d’emploi. Selon la Loi sur les normes du travail, un employé ne peut s’absenter du travail que pendant 12 semaines lorsqu’il doit prendre soin d’un être cher malade. Pour bon nombre de personnes s’occupant d’un proche atteint de cancer, douze semaines ne suffisent pas, et c’est pourquoi la SCC prône la prolongation du nombre de semaines de congé permises. Les proches aidants jouent un rôle essentiel dans la vie des personnes atteintes de cancer et ne devraient pas être pénalisés économiquement pour cela.

  2. Offre de soutien financier aux proches aidants

    Les Québécois devant composer avec le cancer font face à un défi à la fois médical et financier. Il en va de même pour les personnes prenant soin d’un proche atteint de cancer. Jouer le rôle de proche aidant auprès d’un être cher atteint d’une maladie grave se traduit souvent par une perte de revenus et l’augmentation du fardeau financier en raison des coûts liés au traitement, aux médicaments et à l’équipement, entre autres. À l’heure actuelle, 20 % des proches aidants canadiens souffrent d’insécurité financière. Même si de l’aide est offerte à certains proches aidants sous forme de prestations d'assurance-emploi pour proches aidants et de crédits d’impôt provinciaux, celle-ci est souvent inaccessible et insuffisante pour relever les défis liés au rôle que jouent ces personnes. La SCC exhorte le gouvernement du Québec à offrir de nouvelles formes de soutien financier aux proches aidants; il pourrait par exemple s’agir d’une allocation mensuelle pour les proches aidants à faible revenu afin de couvrir les coûts rattachés à la prestation de soins et de pallier la perte de revenus découlant des responsabilités en matière de soins.

  3. Mise à disposition des ressources nécessaires pour offrir des services à domicile de qualité aux personnes atteintes de cancer et à leurs proches

    Les proches aidants sont le pilier de notre système de santé. Ils ont besoin de plus de soutien pour pouvoir s’acquitter de la responsabilité importante qui est de s’occuper d’un être cher. La SCC souhaite que le gouvernement s’engage à augmenter considérablement les fonds publics destinés aux programmes de soins à domicile, à l’aide financière, au soutien psychosocial, au transport et au répit.